Dimanche 11 mai 2008

C'est un matin comme je les aime, à l'heure proche d'un midi nonchalant.  Soleil clément, brise azurée, l'herbe frémit au pas léger de la gent féline, le jardin resplendit dans l'espoir d'une belle journée.  Une envie de beurre frais, une baguette à la mie craquante de douceur, un peu de confiture aux saveurs de myrtille ... Arrêt sur image.  Rien ne va plus !  Le pot de confiture, avec un sourire goguenard, arbore une date périmée - ce traître - et mon plaisir de choir sous le coup de la censure.  D'une main inquiète, je farfouille en quête d'un nouveau pot de confiture - qui sait ?...  Quand ma main touche un verre rebondi aux formes bien connues, un cadeau de ma mère, laissé là en toute discrétion, comme un baiser déposé avec un je t'aime sur les lèvres, un pot de confiture qui me réchauffe le cœur d'un amour sans égal.  Ma mère toujours présente quand il fait sombre sur mes jours.  Qu'il est doux ce jour de mai à l'heure d'un midi sonnant, l'abeille jalouse bourdonnant si près de la mie craquante à la confiture, comme un souvenir qui revient à la mémoire, les goûters de mon enfance ...









La confiture
 
(interprétée par les Frères Jacques)
Paroles et Musique : Roger Marino 1973


La confiture ça dégouline
Ça coule coule sur les mains
Ça passe par les trous d'la tartine
Pourquoi y a-t-il des trous dans l'pain

Bien sûr on peut avec du beurre
Les trous on peut bien les boucher
Ça ne sert à rien c'est un leurre
Car ça coule par les côtés

Faudrait contrôler sa tartine
La tenir droite exactement
On la met en douce elle s'incline
Ça coule irrémédiablement

Et ça vous coule dans la manche
Et ça vous longe le pourpoint
De l'avant bras jusqu'à la hanche
Quand ça ne descend pas plus loin

Et quand ça coule pas ça tombe
Le pain s'écrase entre les doigts
Ça ricoche et puis ça retombe
Côté collant ça va de soi

Au moment de passer l'éponge
On en met plein ses vêtements
Plus on essuie plus on allonge
Plus on frotte et plus ça s'étend

C'est pour ça qu'y'en a qui préfèrent
Manger d'la crème de marrons
Ça colle au pain c'est sans mystère
C'est plus commun mais ça tient bon

On fait l'école buissonnière
De retour on prend l'escabeau
On va tout droit vers l'étagère
Pourquoi tourner autour du pot

Qu'elle soit aux fraises à la rhubarbe
On l'ingurgite goulûment
La confiture on la chaparde
On l'aime clandestinement

Puis un jour on est bien en place
On mène la vie de château
Dans les avions dans les palaces
On vous porte sur un plateau

La confiture qui dégouline
Qui coule coule sur les mains
Qui passe par les trous d'la tartine
Pourquoi y a-t-il des trous dans l'pain

Bien sûr on peut avec du beurre
Les trous on peut bien les boucher
Ça ne sert à rien c'est un leurre
Car ça coule par les côtés...


Les Frères Jacques
Pour en savoir plus  (
ici)
par Onatha publié dans : CARNET DE VIE communauté : Les amis d'agathe
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 10 mai 2008



Il m'arrive de douter, de penser que les mots bleus s'en sont allés, la porte du Verbe refermée à jamais, l'angoisse de ne plus écrire, quand sur ma page pleine de vide, je peine...  Alors vient la tentation. Je recherche les écrits anciens afin de camoufler la faille qui, sous ma plume, s'est ouverte.





  Jusqu'au carré de l'aube à la nuit effilochée je m'applique  
  En petits tas arrondis sur ma rétine amaigrie

  Tous ces copier coller tous ces mots que j'écris
  Raidissant jusqu'à la faille ma plume asymétrique
  Inquiète devant ce vide qui se dévoile tout à vif
  Crachotant du rien comme le verbe sans motif
  Hachure ma pâle écriture de son absence cruelle
  En jusant me dévoie l'implacable silence matriciel


Image travaillée avec le tutoriel PhotoFiltre Studio 6.2.5
par Onatha publié dans : CARNET DE VIE communauté : Les amis d'agathe
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Jeudi 1 mai 2008




par Onatha publié dans : CARNET DE VIE communauté : Les amis d'agathe
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mercredi 30 avril 2008
 


D'un œil pensif, elle contemplait la vaisselle.  En petits monts distinctifs, les objets, hérissant çà et là leurs fourches de bois ou de métal, s'amoncelaient comme des guetteurs à l'affût de quelque invisible ennemi.  Se dressaient à l'avant, rangées en ordre décroissant, les assiettes et les couverts à leur sommet reposant; venait ensuite une construction hétéroclite : tasses aux couleurs vives, bols de céréales s'emboîtant l'un dans l'autre telles des matriochkas de faïence; aux extrémités obscures s'étaient installées les grosses pièces, poêles et casseroles flamboyant de leurs derniers feux métalliques.  Cà et là, quelques reliefs s'accrochaient, touches de couleur erratiques en image d'Epinal, quelques effluves de macis racontaient la douceur d'un repas.

Dans l'air frémissant, éclôt un soupir.  Onatha entendait en son for intérieur, la voix de sa mère la fustigeant.  Une ménagère remarquable, sa mère.  Telle une déesse, elle régnait sur son intérieur bien ordonné, le désordre n'osait y poser son aile.  Nul grain de poussière, nul livre déposé par un geste rêveur, seules des surfaces planes astiquées jusqu'à l'usure de la peau, un pavement ciré où le pas glissait - un peu trop vite quelques fois -, tout était net. De cette netteté qui efface en soi les souffles de l'aurore, la rosée du petit matin éclose sur la rose, cette même asepsie qui pousse en oubliette, l'enfance émerveillée, les promenades en pays d'arc-en-ciel... De cette propreté si exigeante qu'elle vous prend toute une vie à frotter sans relâche et qu'au crépuscule, enfin, vous vous arrêtez et découvrez d'un regard en arrière, l'effroyable vide qui vous rattrape et cette question : qu'ai-je fait de ma vie ?

- Ne trouves-tu pas que l'on se sent plus légère quand la vaisselle est lavée ?  lui demandait sa mère.

Lèvres serrées sur les mots venant, elle observait d'un coup d'œil aguerri, la tentative de manipulation de sa mère.  Un silence marquait la distance.

- Non, répondait-elle en haussant les épaules et le Oui affleurant ses lèvres retournait bien vite se cacher au creux de sa gorge.

Chassant de sa tête le regard courroucé de sa mère, Onatha s'asseoit devant l'écran et commença à pianoter quelques mots :

- Il était une fois , loin dans un pays de légende...

Onatha !  Parle-nous de cette déesse étrusque - Cloacina - qui veillait sur les égouts dans la Rome antique et que l'on nommait Celle qui purifie, Celle qui réconcilie....

par Onatha publié dans : CARNET DE VIE
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 20 avril 2008


Par le carré jaune de la vitre, une tour, haute de douze étages, guette de son œil cyclope, les silhouettes ombragées mues par le vent tandis qu'un réverbère en mal d'amour conte fleurette aux noctambules errant, la nuit s'invite sur le seuil de ma porte...

Les yeux rivés sur l'écran de l'ordinateur, je contemple la feuille de mon blogue, une angoisse qui m'étreint devant le paysage en attente de mots.  Mon imaginaire me ferme sa porte, les idées qui, dans ma tête jaillissaient, se diluent dans un fâcheux black-out, mes mots se calfeutrent dans la gorge, le trac qui précède l'entrée en scène... 
Tel un Onnagata du théâtre Kabuki, je peins sur mon visage, un masque, j'entre en métamorphose, la voix d'Onatha enfin s'élève.

Jeux de mots, jeux de masques, c'est l'histoire des dieux et des hommes qui s'esquisse, c'est la vie qu'exprime la métamorphose.

Un jour, dit la légende, Amaterasu, la déesse du soleil, se fâcha si fort avec son frère Susanoo, dieu de la mer et du vent, qu'elle se réfugia dans une grotte et ne voulut point en sortir.  Quel malheur ! Le monde était plongé  dans les ténèbres.  Les dieux essayèrent de parlementer avec la déesse mais rien n'y fit. Ils décidèrent alors de donner un grand banquet afin d'attirer la déesse à l'extérieur.  Amaterasu entendit des chants s'élever ; curieuse, elle sortit de la grotte et découvrit les dieux qui dansaient au milieu de guirlandes de fleurs. Le monde retrouva la lumière. Ainsi naquit le théâtre japonais.  On raconte que tant que persistera le théâtre, le monde ne pourra sombrer définitivement dans l'obscurité.

par Onatha publié dans : CARNET DE VIE
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Album photos

referencement gratuit de site sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus