Je me souviens le verger de mon enfance,
Les papillons dans leurs robes de pourpre, de jaune safran ou bleu saphir
Je me souviens leurs ailes ocellées de noir en oriflammes déployées
Je me souviens les boutons d'or, les marguerites, les reines-des-prés
Leurs tiges ondulantes quand le vent soufflait
Aussi beau qu'Orfeo
Je me souviens le corps de l'enfant
Dans l'herbe tendre creusait un blanc sillon
Je me souviens ses yeux miroir
Dans lequel l'azur glissait ses mots nuages
Je me souviens l'enfant riait
Tous les parfums du jardin d'éden
Je me souviens le jardin derrière ma maison
Ses rosiers, son thym, sa lavande
Ses papillons vêtus de poussière d'or
Je me souviens de l'homme au journal télévisé
Il disait : les papillons disparaissent !
C'est la faute au vert gazon
Quand l'herbe se rase sous le chant des ciseaux
Les fleurs sauvages trépassent
Et les papillons
Je me souviens le jardin derrière ma maison
A l'épilobe, la jaune crépide, et bien d'autres encore
Offrait sa terre parcelle d'asile
Je me souviens dans le silence du jardin j'attends
Que reviennent les papillons
Leurs ailes éployées de mille merveilles
:
Une envie de partage un peu de tout un peu de rien un carnet de vie une écriture qui s'éveille voyage en mythologie des légendes florales… comme une promenade sur le sentier aux mûres.