Le condamné
Ce crime consommé
Celui-là chemine
Col courbé
Il inspire ignominie
Tant tout transpire
Méchantes manières
Avec l'aube l'angoisse
amène
Ses salines suées
(la) Camarde contemple
Celui-là cheminant
Bras ballants bouche bée
Bientôt
Celui-là chutera
(le) Col coupé
Triste trépas...
Dans une chambre d'hôpital, j'avais rassemblé quelques livres, quelques poèmes, un peu de
rêve dans un univers aseptisé. Sur la tablette de la fenêtre, j'avais disposé, en guise de fleurs, des bouquets de mots: auteurs célèbres, création personnelle... Parmi les auteurs,
j'avais choisi un poème racontant l'aube où le condamné chemine vers sa mort, ce long couloir où résonnent ses pas, le col de la chemise défait, il était cinq heures et l'aube était blanche...
L'auteur décrivait cela avec de la compassion, une finesse des mots, un sens du rythme qui donnait à voir, à sentir l'atmosphère de ces quelques minutes précédant l'exécution.
S'agissait-il de Louis Aragon? De Jacques Prévert?...
Je ne sais. Depuis ce jour, je recherche ce poème qui m'avait tant émue. Je ne l'ai pas encore trouvé.....
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