J'ai retrouvé la version complète de l'écriture automatique, dans laquelle figure : Ô Eurydice! Ne te retourne pas. L'envie est trop forte de partager avec vous le fruit de cet
exercice...
Juste un instant, un rêve bleu, une joie émeraude, sous la liane de tes cheveux sombres, accroche une étoile - mon phare - à la robe légère de la muse. Ô
Eurydice ! Ne te retourne pas
Non-sens de la saie
Ô! Pourquoi? Ne vois-tu pas que je souffre - sur l'autel des Erinyes - je souffle mes derniers mots, mes presque rires, mon dédain en noires
hosties. Le ciel -obèle- scrute les orgues d'un œil comptable. Le temps se grignote en quenottes nappées de vanille
Clichés de mes infirmes visions, vicissitudes
Claque-moi ça au mur de mes étranges, ce labeur
La crème chante au fond de l'ennui - qui fond - neige découpée en tranches miellées. La femme soupire ses morts suspectes, l'œil rond sous les
lumières bleues clignote, la bouche entrouverte grise une langue de blé. Déméter jubile en vagues dorées.
La femme cadavre se repose au milieu des nez agités, les cartons bruns palpent les mains trouées d'arabesques. Qu'importe ! dit la mort,
jouons. Les experts agréent sous les hauts hurlés
Méditation
Le lama rouge se lève. Ses mots incisifs disent la bouche qui suinte un malaise. L'impalpable aux portes de l'ouvert est le cauchemar des mots
salés, tempétueux. La boucle d'or scintille sa coronelle dans le lobe qui écoute. Glissement des anges - déchus - ils portent la lumière
Je bée
mon incompréhension
Image de Magritte
Comme une langueur qui lancine mon corps, une mélopée qui m'envoile de légèreté,
cette chanson de Bashung, que je découvre dans la mouvance parfumée du narghilé,
Madame rêve...
Femme dans le désir d'aimer
Femme dans le désir de l'autre
Qui sait le désir de l'autre
Le dire des femmes au fil des mots
Là
où le désir féminin par l'homme n'est point convoité
Il est dit en toute nudité
Ce vide si présent qui nous pousse vers
Quelque lieu vers l'horizon
Jamais atteint
L'être
Sa chair sculptée à force d'émoi, dans l'éternelle rencontre de l'autre
Le désir
une porte qui s'ouvre
un cri de l'âme
dans le silence sec du faux langage
un silence
dans le vacarme morne de l'indifférence
par Onatha
publié dans :
L'INTIME LIEU
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Agathe nous emmène sur la Route de la Soie. D'escale en escale, elle nous invite en des lieux mythiques
qu'elle nous dépeint de ses photos merveilleuses, de ses mots murmurant doux.
Samarkand se dévoile et son mystère me saisit l'âme... Dans ma mémoire, émerge une légende : Ce soir à Samarkand.
Salomon dînait avec son vizir en son beau palais de Jérusalem. Vint à passer un inconnu au teint très blanc. Il s'arrêta, regarda
fixement le ministre, puis disparut aussi mystérieusement qu'il était entré.
- Seigneur, demanda le vizir, quel est cet étranger qui m'a dévisagé de façon si inquiétante?
- C'est l'ange de la mort, répondit le roi sans ménagement.
- Seigneur, il a semblé me désigner. Je t'en supplie, toi qui commandes aux éléments, ordonne au vent de m'emporter hors d'ici, le plus loin possible... aux extrémités du monde connu. Qu'il
m'enlève en un lieu où l'ange de la mort ne me trouve pas! Par exemple à Samarkand.
Le roi, qui disposait de grands pouvoirs magiques, exauça aussitôt le désir du ministre.
Le soir même, l'ange au teint très blanc apparut dans la chambre du roi qui venait de renvoyer ses domestiques.
- Pourquoi, lui demanda Salomon, regardais-tu avec tant d'insistance le haut personnage qui dînait à ma table?
- J'étais fort surpris de le voir auprès de toi à Jérusalem, car j'avais reçu l'ordre d'aller chercher son âme ce soir à Samarkand.
Parfois, le hasard nous conduit sur des chemins bien étranges. Nous pensons quitter un lieu mais c'est un leurre. Nous ne partons que pour mieux y revenir.
par Onatha
publié dans :
ECHOS
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Dans son Manifeste du surréalisme en 1924, André Breton décrivait l'écriture automatique de la
manière suivante :
« ...Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus
passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui
mènent à tout. Écrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde
il est une phrase, étrangère à notre pensée consciente, qui ne demande qu'à s'extérioriser..."
Séduite par la beauté de l'exercice, j'entrepris à mes heures perdues - le sont-elles vraiment? - l'art de l'écriture automatique. Tel un pêcheur, je lance mon filet dans les profondeurs de
l'Imaginaire et j'y récolte des choses bien étranges ...
C'est un extrait de ce travail que je vous propose aujourd'hui:
Juste un instant de rêve bleu, une joie d'émeraude
sous la liane de tes cheveux sombres
accroche une étoile - mon phare - à la robe légère de la muse
Ô Eurydice! Ne te retourne pas
dérobade , non sens
pourquoi ne vois-tu point ma souffrance
je souffle mes derniers mots, mes presque rires, mon dédain
en noires hosties sur l'autel des mégères
le ciel obèle scrute l'orgue d'un oeil comptable
le temps se grignote
en quenottes nappées de vanille
Image de Loubat ( site web)
Manifeste du Surréalisme 1924: texte intégral (site web)
Trou noir dans le présent
Vide convoluté dans le rien
Béance du néant
Antithèse du plein
Féminitude...
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