Vendredi 25 avril 2008

J'ai retrouvé la version complète de l'écriture automatique, dans laquelle figure : Ô Eurydice!  Ne te retourne pas.  L'envie est trop forte de partager avec vous le fruit de cet exercice...





Juste un instant, un rêve bleu, une joie émeraude, sous la liane de tes cheveux sombres, accroche une étoile - mon phare - à la robe légère de la muse.  Ô Eurydice ! Ne te retourne pas

 

Non-sens de la saie


 Ô! Pourquoi?  Ne vois-tu pas que je souffre - sur l'autel des Erinyes - je souffle mes derniers mots, mes presque rires, mon dédain en noires hosties.  Le ciel -obèle- scrute  les orgues d'un œil comptable.  Le temps se grignote en quenottes nappées de vanille


Clichés de mes infirmes visions, vicissitudes
 Claque-moi ça au mur de mes étranges, ce labeur


La crème chante au fond de l'ennui - qui fond  -  neige découpée en tranches miellées.  La femme soupire ses morts suspectes, l'œil rond sous les lumières bleues clignote, la bouche entrouverte grise une langue de blé.  Déméter jubile en vagues dorées.


La femme cadavre se repose au milieu des nez agités, les cartons bruns palpent les mains trouées d'arabesques.  Qu'importe ! dit la mort, jouons.  Les experts agréent sous les hauts hurlés


Méditation


Le lama rouge se lève.  Ses mots incisifs disent la bouche qui suinte un malaise.  L'impalpable aux portes de l'ouvert est le cauchemar des mots salés, tempétueux. La boucle d'or scintille sa coronelle dans le lobe qui écoute.  Glissement des anges -  déchus -  ils portent la lumière


Je bée
mon incompréhension

 


Image de Magritte

par Onatha publié dans : ECRITURE Automatique communauté : Les amis d'agathe
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Jeudi 24 avril 2008

Comme une langueur qui lancine mon corps, une mélopée qui m'envoile de légèreté,
cette chanson de Bashung, que je découvre dans la mouvance parfumée du narghilé,
Madame rêve...

 




Femme dans le désir d'aimer
Femme dans le désir de l'autre
Qui sait le désir de l'autre
Le dire des femmes au fil des mots

où le désir féminin par l'homme n'est point convoité 
Il est dit en toute nudité
Ce vide si présent qui nous pousse vers
Quelque lieu   vers l'horizon
Jamais atteint
L'être
Sa chair sculptée à force d'émoi, dans l'éternelle rencontre de l'autre
Le désir  
une porte qui s'ouvre
un cri de l'âme
dans le silence sec du faux langage
un silence
 dans le vacarme morne de l'indifférence

par Onatha publié dans : L'INTIME LIEU communauté : Les amis d'agathe
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Jeudi 24 avril 2008

 

Agathe nous emmène sur la Route de la Soie.  D'escale en escale, elle nous invite en des lieux mythiques qu'elle nous dépeint de ses photos merveilleuses, de ses mots murmurant doux.
Samarkand se dévoile et son mystère me saisit l'âme...  Dans ma mémoire, émerge une légende : Ce soir à Samarkand.

 

 

Salomon dînait avec son vizir en son beau palais de Jérusalem. Vint à passer un inconnu au teint très blanc. Il s'arrêta, regarda fixement le ministre, puis disparut aussi mystérieusement qu'il était entré.

- Seigneur, demanda le vizir, quel est cet étranger qui m'a dévisagé de façon si inquiétante?

- C'est l'ange de la mort, répondit le roi sans ménagement.

- Seigneur, il a semblé me désigner. Je t'en supplie, toi qui commandes aux éléments, ordonne au vent de m'emporter hors d'ici, le plus loin  possible... aux extrémités du monde connu. Qu'il m'enlève en un lieu où l'ange de la mort ne me trouve pas!  Par exemple à Samarkand.

Le roi, qui disposait de grands pouvoirs magiques, exauça aussitôt le désir du ministre.

Le soir même, l'ange au teint très blanc apparut dans la chambre du roi qui venait de renvoyer ses domestiques.

- Pourquoi, lui demanda Salomon, regardais-tu avec tant d'insistance le haut personnage qui dînait à ma table?

- J'étais fort surpris de le voir auprès de toi à Jérusalem, car j'avais reçu l'ordre d'aller chercher son âme ce soir à Samarkand.



Parfois, le hasard nous conduit sur des chemins bien étranges.  Nous pensons quitter un lieu mais c'est un leurre.  Nous ne partons que pour mieux y revenir.

par Onatha publié dans : ECHOS communauté : Les amis d'agathe
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Mercredi 23 avril 2008

Dans son Manifeste du surréalisme en 1924, André Breton  décrivait l'écriture automatique de la manière suivante :
« ...Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Écrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase, étrangère à notre pensée consciente, qui ne demande qu'à s'extérioriser..."


Séduite par la beauté de l'exercice, j'entrepris à mes heures perdues - le sont-elles vraiment? - l'art de l'écriture automatique.  Tel un pêcheur, je lance mon filet dans les profondeurs de l'Imaginaire et j'y récolte des choses bien étranges ...
C'est un extrait de ce travail que je vous propose aujourd'hui:






Juste un instant de rêve bleu, une joie d'émeraude
 sous la liane de tes cheveux sombres
 accroche une étoile - mon phare - à la robe légère de la muse

Ô Eurydice! Ne te retourne pas

 dérobade , non sens

 pourquoi ne vois-tu point ma souffrance
je souffle mes derniers mots, mes presque rires, mon dédain
 en noires hosties sur l'autel des mégères
le ciel obèle scrute l'orgue d'un oeil comptable
le temps se grignote
en quenottes nappées de vanille




Image de Loubat (  site web)

Manifeste du Surréalisme 1924: texte intégral (site web)

par Onatha publié dans : ECRITURE Automatique communauté : Les amis d'agathe
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Mercredi 23 avril 2008

 



Trou noir dans le présent
Vide convoluté dans le rien
Béance du néant
Antithèse du plein
Féminitude... 

 

par Onatha publié dans : A PEAU D'ÄME, les Mots
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Lundi 21 avril 2008




 
Rêverie devant le miroir


Cette image a été travaillée avec le tutoriel PhotoFiltre Studio 6.2.5 sur la base d'un collage que j'ai réalisé



Collage Initial



par Onatha publié dans : IMAGINAIRES communauté : Les amis d'agathe
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Dimanche 20 avril 2008


Par le carré jaune de la vitre, une tour, haute de douze étages, guette de son œil cyclope, les silhouettes ombragées mues par le vent tandis qu'un réverbère en mal d'amour conte fleurette aux noctambules errant, la nuit s'invite sur le seuil de ma porte...

Les yeux rivés sur l'écran de l'ordinateur, je contemple la feuille de mon blogue, une angoisse qui m'étreint devant le paysage en attente de mots.  Mon imaginaire me ferme sa porte, les idées qui, dans ma tête jaillissaient, se diluent dans un fâcheux black-out, mes mots se calfeutrent dans la gorge, le trac qui précède l'entrée en scène... 
Tel un Onnagata du théâtre Kabuki, je peins sur mon visage, un masque, j'entre en métamorphose, la voix d'Onatha enfin s'élève.

Jeux de mots, jeux de masques, c'est l'histoire des dieux et des hommes qui s'esquisse, c'est la vie qu'exprime la métamorphose.

Un jour, dit la légende, Amaterasu, la déesse du soleil, se fâcha si fort avec son frère Susanoo, dieu de la mer et du vent, qu'elle se réfugia dans une grotte et ne voulut point en sortir.  Quel malheur ! Le monde était plongé  dans les ténèbres.  Les dieux essayèrent de parlementer avec la déesse mais rien n'y fit. Ils décidèrent alors de donner un grand banquet afin d'attirer la déesse à l'extérieur.  Amaterasu entendit des chants s'élever ; curieuse, elle sortit de la grotte et découvrit les dieux qui dansaient au milieu de guirlandes de fleurs. Le monde retrouva la lumière. Ainsi naquit le théâtre japonais.  On raconte que tant que persistera le théâtre, le monde ne pourra sombrer définitivement dans l'obscurité.

par Onatha publié dans : CARNET DE VIE
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Jeudi 17 avril 2008

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par Onatha
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