Nuits violettes
Image virtuelle réalisée avec le tutoriel PhotoFiltre Studio 6.2.5
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Nuits violettes
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C'est un matin comme je les aime, à l'heure proche d'un midi nonchalant. Soleil clément, brise azurée, l'herbe frémit au pas léger de la gent féline, le jardin resplendit dans l'espoir d'une belle journée. Une envie de beurre frais, une baguette à la mie craquante de douceur, un peu de confiture aux saveurs de myrtille ... Arrêt sur image. Rien ne va plus ! Le pot de confiture, avec un sourire goguenard, arbore une date périmée - ce traître - et mon plaisir de choir sous le coup de la censure. D'une main inquiète, je farfouille en quête d'un nouveau pot de confiture - qui sait ?... Quand ma main touche un verre rebondi aux formes bien connues, un cadeau de ma mère, laissé là en toute discrétion, comme un baiser déposé avec un je t'aime sur les lèvres, un pot de confiture qui me réchauffe le cœur d'un amour sans égal. Ma mère toujours présente quand il fait sombre sur mes jours. Qu'il est doux ce jour de mai à l'heure d'un midi sonnant, l'abeille jalouse bourdonnant si près de la mie craquante à la confiture, comme un souvenir qui revient à la mémoire, les goûters de mon enfance ...
La confiture
(interprétée par les Frères Jacques)
Paroles et Musique : Roger Marino 1973
La confiture ça dégouline
Ça coule coule sur les mains
Ça passe par les trous d'la tartine
Pourquoi y a-t-il des trous dans l'pain
Bien sûr on peut avec du beurre
Les trous on peut bien les boucher
Ça ne sert à rien c'est un leurre
Car ça coule par les côtés
Faudrait contrôler sa tartine
La tenir droite exactement
On la met en douce elle s'incline
Ça coule irrémédiablement
Et ça vous coule dans la manche
Et ça vous longe le pourpoint
De l'avant bras jusqu'à la hanche
Quand ça ne descend pas plus loin
Et quand ça coule pas ça tombe
Le pain s'écrase entre les doigts
Ça ricoche et puis ça retombe
Côté collant ça va de soi
Au moment de passer l'éponge
On en met plein ses vêtements
Plus on essuie plus on allonge
Plus on frotte et plus ça s'étend
C'est pour ça qu'y'en a qui préfèrent
Manger d'la crème de marrons
Ça colle au pain c'est sans mystère
C'est plus commun mais ça tient bon
On fait l'école buissonnière
De retour on prend l'escabeau
On va tout droit vers l'étagère
Pourquoi tourner autour du pot
Qu'elle soit aux fraises à la rhubarbe
On l'ingurgite goulûment
La confiture on la chaparde
On l'aime clandestinement
Puis un jour on est bien en place
On mène la vie de château
Dans les avions dans les palaces
On vous porte sur un plateau
La confiture qui dégouline
Qui coule coule sur les mains
Qui passe par les trous d'la tartine
Pourquoi y a-t-il des trous dans l'pain
Bien sûr on peut avec du beurre
Les trous on peut bien les boucher
Ça ne sert à rien c'est un leurre
Car ça coule par les côtés...

Rêve l'humanité
Collage réalisé à partir de journaux toutes- boîtes
Déchiffrer la vie dans l'antérieur d'un phrasé
Comme une prière secrète...
Ce pas de danse qui mugit aux confins de ma mémoire
L'antériorité me tressaille de son voile infini
Et je ne vois rien
Et je n'écris rien
... ... ...
Le condamné
Ce crime consommé
Celui-là chemine
Col courbé
Il inspire ignominie
Tant tout transpire
Méchantes manières
Avec l'aube l'angoisse
amène
Ses salines suées
(la) Camarde contemple
Celui-là cheminant
Bras ballants bouche bée
Bientôt
Celui-là chutera
(le) Col coupé
Triste trépas...
Dans une chambre d'hôpital, j'avais rassemblé quelques livres, quelques poèmes, un peu de
rêve dans un univers aseptisé. Sur la tablette de la fenêtre, j'avais disposé, en guise de fleurs, des bouquets de mots: auteurs célèbres, création personnelle... Parmi les auteurs,
j'avais choisi un poème racontant l'aube où le condamné chemine vers sa mort, ce long couloir où résonnent ses pas, le col de la chemise défait, il était cinq heures et l'aube était blanche...
L'auteur décrivait cela avec de la compassion, une finesse des mots, un sens du rythme qui donnait à voir, à sentir l'atmosphère de ces quelques minutes précédant l'exécution.
S'agissait-il de Louis Aragon? De Jacques Prévert?...
Je ne sais. Depuis ce jour, je recherche ce poème qui m'avait tant émue. Je ne l'ai pas encore trouvé.....
Sur le blog de Moun, Inspirations
Poétiques, fleurissent les jeux d'écriture. L'inspiration aidant, je me tâte au Cadavre exquis.
La consigne est la suivante: Sur le thème du printemps, écrire quatre vers en incluant deux mots proposés par le dernier écrivant.
Sans nom
Le journaliste disait : « ... les femmes et les enfants violentés au Kivu... » Etait-ce le ton accompagnant ces mots ? Les images des massacres au
Rwanda reviennent à ma mémoire : corps de femmes mutilés, corps d'enfants éparpillés çà et là sur le sol, du sang, robes retroussées sur ventres saccagés... Cela recommençait
donc ! Cette haine qui déferle sur une féminité prise en otage, ces ventres déchirés par la barbarie de ces hommes. Fallait-il qu'ils soient en proie à si forte épouvante
qu'ils ne pouvaient plus regarder le lieu de leurs origines - espace-temps matriciel - sans le raturer d'un grand geste rageur, sans le marteler de leurs pieds, ne laissant que
paysage dévasté sous le tsunami de leurs émotions...
Un tourbillon s'amorce au creux de mon ventre, une envie irrésistible d'expression par le biais d'un collage. Je commençai sur une idée précise, l'inspiration m'entraîne ailleurs, chaque
geste posé comme une secrète prière pour ces femmes à l'existence niée... et ce tableau est né, bien loin de l'idée initiale et pourtant, en chacun de ces morceaux de papier - déchirés, collés -
comme des galets déposés pour retrouver son chemin, est contenue cette parole du journaliste : « ... les femmes et les enfants violentés au Kivu... »
Voir le Carnet de Colette Braeckman (site web)
Juste un instant, un rêve bleu, une joie émeraude, sous la liane de tes cheveux sombres, accroche une étoile - mon phare - à la robe légère de la muse. Ô
Eurydice ! Ne te retourne pas
Non-sens de la saie
Ô! Pourquoi? Ne vois-tu pas que je souffre - sur l'autel des Erinyes - je souffle mes derniers mots, mes presque rires, mon dédain en noires
hosties. Le ciel -obèle- scrute les orgues d'un œil comptable. Le temps se grignote en quenottes nappées de vanille
Clichés de mes infirmes visions, vicissitudes
Claque-moi ça au mur de mes étranges, ce labeur
La crème chante au fond de l'ennui - qui fond - neige découpée en tranches miellées. La femme soupire ses morts suspectes, l'œil rond sous les
lumières bleues clignote, la bouche entrouverte grise une langue de blé. Déméter jubile en vagues dorées.
La femme cadavre se repose au milieu des nez agités, les cartons bruns palpent les mains trouées d'arabesques. Qu'importe ! dit la mort,
jouons. Les experts agréent sous les hauts hurlés
Méditation
Le lama rouge se lève. Ses mots incisifs disent la bouche qui suinte un malaise. L'impalpable aux portes de l'ouvert est le cauchemar des mots
salés, tempétueux. La boucle d'or scintille sa coronelle dans le lobe qui écoute. Glissement des anges - déchus - ils portent la lumière
Je bée
mon incompréhension
Image de Magritte
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